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SOMALIE - Le Monde du 4 juin 2008 Print E-mail

  L'ONU autorise l'usage de la force contre les pirates en Somalie
Article du 4 juin 2008
Source : Site du journal "Le Monde" www.lemonde.fr  

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lemondefr_pet.gif Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté à l'unanimité, lundi 2 juin, une résolution d'inspiration franco-américaine qui autorise les Etats - ayant reçu l'agrément du gouvernement de transition somalien - à poursuivre les auteurs d'actes de piraterie dans les eaux territoriales somaliennes. Ces Etats sont autorisés à utiliser "tous moyens nécessaires", et donc la force, pour "réprimer les actes de piraterie et les vols à main armée en mer" dans les eaux somaliennes.

A la suite de la libération des otages français du voilier de croisière Le Ponant, intercepté début avril par des pirates dans le golfe d'Aden, la France avait appelé à la création d'une "force internationale". Elle souhaitait que l'autorisation de l'ONU s'étende à d'autres zones maritimes, notamment le détroit de Malacca et le golfe de Guinée. Plusieurs pays, notamment l'Indonésie et la Chine, s'y sont opposés, craignant un impact négatif sur le droit maritime international.
Les autorités de Mogadiscio ont, d'autre part, signé un contrat avec la société militaire privée française Secopex, dont le siège est à Carcassonne. Contacté mardi, Pierre Marziali, président de Secopex, a indiqué que ce contrat a été signé début mai, lors de la visite à Paris du président somalien, Abdullahi Youssouf Ahmed. D'une durée de 36 mois, son montant se situera entre 50 et 100 millions d'euros par an, en fonction des prestations retenues.

CONTRAT DE SÉCURITÉ

Une "mission d'audit" de Secopex se rendra en Somalie cet été pour évaluer le nombre de "conseillers techniques" qui seront nécessaires. Quatre axes d'intervention ont été retenus :

1) la création d'une unité de garde-côtes ;
2) le renforcement du secteur des affaires maritimes (douanes et gendarmerie maritime) ;
3) la création d'unités de renseignement côtières ;
4) le renforcement et l'entraînement de la garde présidentielle.

Pierre Marziali insiste sur le lien entre le retour de la sécurité et le développement de l'économie somalienne, et estime que le rôle de sa société sera "complémentaire" du dispositif prévu par la résolution de l'ONU. Il propose au gouvernement de Mogadiscio d'établir une "taxe de sécurité" que devraient acquitter les bateaux croisant dans les eaux somaliennes. La Secopex indique avoir à sa disposition quelque 2 000 spécialistes, dont beaucoup sont issus des unités d'élite de l'armée française, notamment les forces spéciales.

 

Philippe Bolopion (à New York) et Laurent Zecchini
Article paru dans l'édition du 04.06.08

 
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